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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 22:32






























































Angelus de Jean-Farnçois Millet - tableau original



Ce tableau se trouve au musée d'Orsay à Paris. Il date de 1858. 

Sur cette version de JF Millet, on n'imagine pas de façon évidente ce que Dali va présentir ! 

Le soleil se couche. Des champs se succèdent, couverts de gerbes de blé. Dans le lointain brille le clocher de la petite église. On sonne l’angélus au village. Les deux paysans qui travaillent la
terre féconde déposent la bêche et la brouette. L’homme se découvre, la femme se recueille. Sur le fond qui s’efface dans le lointain,
les deux personnages, au centre du tableau, se dégagent avec précision, et attirent notre regard. Peint en 1858, La scène de l’Angélus, visait plus loin que le sujet. Elle jouait un rôle
moralisateur, éducateur, social et politique.

L'Angélus figure dans plusieurs tableaux que Dali a réalisé entre 1932 et 1935. La suite aide à comprendre l'importance que Dali a porté à l'étude de cette oeuvre.

Par exemple nous le voyons ici dans une oeuvre réalisée en 1933, "Gala et l''Angélus de Millet précédant l'arrivée imminente des anamorphoses coniques", une huile sur bois de
24x18,8 cm exposée à Ottawa, dans la galerie "The National Gallery of Canada", toile qui a appartenu à la collection de Henry P. McIlhenny.


Il est intéressant de noter que dans le tableau de Dali, le tableau est élargi de telle sorte que la distance qui sépare les deux
personnages soit plus grande. Ce passage du format 4/3 au format 16/9 permet au tableau d'occuper tout l'encadrement de la porte au dessus de laquelle il est accroché. Dali a reproduit fidèlement
tous les éléments du tableau original à l'exception du sol quasiment vierge de végétation permettant ainsi d'augmenter le contraste avec les éléments rigoureusement reproduits que sont la
fourche, la brouette, le panier et enfin sur l'horizon d'arrière plan le clocher d'une église.

Dali demanda à ce que le tableau soit radiographié, persuadé que le couple de paysans ne se recueillait pas en écoutant l’Angélus, mais devant la
mort. On constata avec surprise une forme géométrique ressemblant à un parallélépipède, invisible à l’oeil nu, car recouverte de plusieurs couches de peintures. Cette forme selon Dali se révèle
être l’esquisse d’un cercueil d’enfant, devant lequel les parents se recueillent.

Le personnage qui se cache derrière la porte est Maxime Gorki et le homard évoque l'oreille, celle-ci découplée permettant ainsi de mieux écouter aux portes. Le romancier russe Gorki a centré ses
travaux autour de la vie des pauvres et l'a dépeinte avec un puissant réalisme rejoignant ainsi l'oeuvre de Millet.La personne assise dans la chambre dos à la porte est Lénine
avec qui Gorki fut impliqué comme propagandiste au moment de la Révolution de 1917.
Face à Lénine, Gala. Le buste sur la sailie du mur représenterait André Breton, poète et pape du mouvement surréaliste auquel Dali est associé.

LAngélus de Millet devient ainsi « subitement » pour Dalil’oeuvre picturale la plus troublante, la plus énigmatique, la plus dense, la plus riche en pensées inconscientes
qui n’ait jamais été.
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Published by eric_de_nice - dans Peintures Dali
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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 22:56

1. Le Siècle de Dali - Jean-Christophe Argille
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2. Salvador Dali - Robert et Nicolas Descharnes.
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3. Salvador Dali - Victoria Charles

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Mes commentaires: je possède ce très beau livre qui ne peut pas s'emporter en voyage de par son poids et sa taille. Les photos sont magnifiques. Celle de la couverture "Le miel est plus doux que le sang", est une huile sur toile du musée d'Art de Santa Barbara en Californie.


4. La Vie Secrète de Salvador Dali - L'Immaginaire GALLIMARD

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Mes commentaires: Ce livre recelle de nombreuses découvertes sur la vie d'enfant de DALI. Certains passages sont presque insoutenables et ne peuvent laisser indifférent. Néanmoins, ce livre permet de mieux comprendre ce qui a pu pousser Dali à aller aussi loin dans l'expression de sa peinture.

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Published by eric armengaud - dans Peintures Dali
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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 21:01
3061-La-Metamorphose-de-Narcisse-Affiches.jpg

La Métamorphose de Narcisse s'ouvre à nous comme un livre avec deux images qui se confondent dans leurs similitudes et leur différences indiquant qu'une transformation a lieu de l'une à l'autre.

Dans la mythologie grecque, Narcisse était un beau jeune homme qui tomba amoureux de son propre reflet dans l'eau d'une cascade; il se noya, après s'être jeté dans l'eau pour embrasser son image. Son corps ne fut pas retrouvé, mais à la place, on trouva une fleur qui porta son nom.

Ici le jeune homme est montré avant et après la métamorphose en une main tenant un oeuf craquelé d'où pousse la fleur "narcisse".
Une analyse du tableau

A gauche l'on découvre des couleurs chaudes et dorée d'un personnage figé dont les cheveux sont encore en mouvement ; à droite son double représenté par une main aux couleurs ternes et froides tenant un œuf minéralisé d'où jaillit une fleur qui ne ressemble guère à un narcisse (une fleur couleur de safran, dont le centre est entouré de blancs pétales). La vie peut-elle jaillir de cet œuf ?

Narcisse qui demeure immobile, le visage impassible, semblable à une statue taillée dans le marbre de Paros, passe très vite au second plan, dès lors que l'œil a intégré dans sa vision le socle de la main.

Cette main figée symbolise la création indifférente aux fourmis en mouvement sur celle-ci et qui ne sont que de passage. Cette main seule demeura éternellement.

Narcisse est un personnage androgyne qui se reflète dans des eaux déjà sombres, bien différentes de celles dont parle Ovide dans ses Métamorphoses : "une source limpide dont les eaux brillaient comme de l'argent" ce sont ici les eaux du Styx qui reflètent un Narcisse déjà mort : le défilé, à gauche du tableau peut illustrer l'entrée théâtralisée (le rouge est celui des rideaux d'un théâtre) dans le monde du rêve... ou de la mort. Seul témoignage de la vie passée de Narcisse : un chien de chasse, dévorant une charogne. "Un jour qu'il chassait vers ses filets des cerfs tremblants ..."

Entre le doigt et l'œuf s'échappe la partie démoniaque de l'ancien Narcisse sous forme de serpent

Dans ce décor minéral et mortifère, au second plan, derrière Narcisse, une falaise, matérialisation de la nymphe Echo ? « Les soucis qui la tiennent éveillée épuisent son corps misérable, la maigreur dessèche sa peau, toute la sève de ses membres s'évapore. Il ne lui reste que la voix et les os ; sa voix est intacte, ses os ont pris, dit-on, la forme d'un rocher. »

Un groupe de huit jeunes femmes nues danse comme il plaît à Dionysos, tandis qu'à droite règne l'ordre apollinien incarné par un damier au centre duquel s'est posé un personnage androgyne : la neuvième muse ?

Entre les « sources de l'Hélicon », montagne des Muses et la cité organisée du damier se trouve la main créatrice, traversée par la route des possibles. Mais ces jeunes femmes peuvent être aussi les Naïades « Ses sœurs, les Naïades, le pleurèrent et, ayant coupé leurs cheveux, les consacrèrent à leur frère »

Enfin, la figure derriere les montagnes pourrait représenter un criquet ou une sauterelle. Derrière les montagnes, il y aurait Figueras, la ville de sa famille castratrice. Son père, sensé être répresenté par cet insecte, a poussé son fils hors de la maison familiale en 1930 et il semble que Salvador aurait eu du mal a l'accepter.


 

Poème de S. DALI : la métamorphose de Narcisse

Quand l'anatomie claire et divine de Narcisse
se penche sur le miroir obscur du lac,

quand son torse blanc plié en avant
se fige, glacé,
dans la courbe argentée et hypnotique de son désir,
quand le temps passe
sur l'horloge des fleurs du sable de sa propre chair,

Narcisse s'anéantit dans le vertige cosmique
au plus profond duquel chante
la sirène froide et dionysiaque de sa propre image.
Le corps de Narcisse se vide et se perd
dans l'abîme de son reflet,
comme le sablier que l'on ne retournera pas.

Narcisse, tu perds ton corps,
emporté et confondu par le reflet millénaire de ta disparition,
ton corps frappé de mort
descend vers le précipice des topazes aux épaves jaunes de l'amour,
ton corps blanc, englouti,
suit la pente du torrent férocement minéral
des pierreries noires aux parfums âcres,
ton corps...
jusqu'aux embouchures mates de la nuit
au bord desquelles
étincelle déjà
toute l'argenterie rouge
des aubes aux veines brisées dans "les débarcadères du sang".

Narcisse,
comprends-tu ?
La symétrie, hypnose divine de la géométrie de l'esprit, comble déjà ta tête de ce sommeil inguérissable, végétal, atavique et lent
qui dessèche la cervelle
dans la substance parcheminée
du noyau de ta proche métamorphose.

La semence de ta tête vient de tomber dans l'eau.
L'homme retourne au végétal
et les dieux
par le sommeil lourd de la fatigue
par l'hypnose transparente de leurs passions.
Narcisse, tu es si immobile
que l'on croirait que tu dors.
S'il s'agissait d'Hercule rugueux et brun,
on dirait : il dort comme un tronc
dans la posture
d'un chêne herculéen.
Mais toi, Narcisse,
formé de timides éclosions parfumées d'adolescence transparente,
tu dors comme une fleur d'eau.
Voilà que le grand mystère approche,
que la grande métamorphose va avoir lieu.

Narcisse, dans son immobilité, absorbé par son reflet avec la lenteur digestive des plantes carnivores, devient invisible.

Il ne reste de lui
que l'ovale hallucinant de blancheur de sa tête,
sa tête de nouveau plus tendre,
sa tête, chrysalide d'arrière-pensées biologiques,
sa tête soutenue au bout des doigts de l'eau,
au bout des doigts,
de la main insensée,
de la main terrible,
de la main coprophagique,
de la main mortelle
de son propre reflet.
Quand cette tête se fendra
Quand cette tête se craquellera,
Quand cette tête éclatera,
ce sera la fleur,
le nouveau Narcisse,
Gala - mon narcisse

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Published by eric armengaud - dans Peintures Dali
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